Des bibliothécaires enseignent comment désactiver l'IA

Pourquoi ça compte pour toi
Tu reçois des fonctionnalités IA que tu n'as jamais demandées, intégrées partout par défaut. Ces ateliers révèlent une frustration massive : les gens veulent du contrôle, pas de la technologie imposée. C'est un signal fort que le déploiement agressif de l'IA commence à irriter même les non-techniciens.
Ce qu'il faut retenir
- 1.Des bibliothécaires comme Hannah Cyrus (Maine) et Charlie Bailey (Philadelphie) animent des ateliers pour apprendre à désactiver Apple Intelligence, Gemini, et autres IA embarquées.
- 2.Demande phénoménale : les premiers ateliers affichaient 70 participants, contre 12 en moyenne pour les cours « Intro Informatique ».
- 3.L'enjeu n'est pas de rejeter l'IA globalement, mais de reprendre le contrôle : choisir d'utiliser ou pas, plutôt que de voir la technologie imposée.
- 4.Les participants partagent des frustrations communes : IA forcée au travail, e-mails résumés sans demande, contrôle des données personnelles.
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Le phénomène qu'on ne voyait pas venir
Charlie Bailey, bibliothécaire à Philadelphie, demande à ses 20 participants de sortir leurs téléphones. Pas pour consulter les réseaux — pour éteindre l'IA qu'Apple et Google ont installée sans permission. Ce qu'il se passe là est révélateur : une demande massive de non-utilisation de technologie.
Hannah Cyrus, bibliothécaire dans le Maine, a lancé le mouvement après avoir publié un article sur son atelier. Résultat ? Des dizaines de collègues bibliothécaires du monde entier lui écrivent pour demander ses supports de cours. "Ça n'a jamais eu lieu avant", raconte-t-elle. "Personne ne m'a jamais demandé mes diapositives d'Intro Informatique."
Des chiffres qui parlent
Premiers ateliers de Cyrus : 70 personnes (dont celles en ligne), obligée de fermer les inscriptions à 30 et de créer une liste d'attente. Publication Instagram de Bailey : 2 000 likes et 220 partages, contre quelques dizaines habituellement.
C'est normal, pour une technologie qu'on nous vante comme révolutionnaire ? Pas vraiment.
Ce que les gens demandent vraiment
L'atelier dure une heure. Bailey explique d'abord comment fonctionnent les chatbots IA, pourquoi certains les veulent (vraiment), pourquoi d'autres s'en fichent. Puis viennent les instructions étape par étape pour désactiver chaque truc : Apple Intelligence, Gemini, résumés de mails, tout.
Les participants partagent des astuces : ajouter "&udm=14" à une recherche Google pour masquer les résultats IA. L'un d'eux dit craindre qu'un data center se construise près de chez lui. Un autre maudit l'IA imposée au boulot, en pensant à l'empreinte environnementale.
Mais voilà la surprise : personne ne dit "l'IA c'est mal". Cyrus elle-même souligne que l'OCR (reconnaissance optique de caractères) aide énormément pour scanner les vieux documents de la bibliothèque. Gabrielle ajoute qu'elle est pour les avancées médicales via l'IA.
L'enjeu réel : l'agentivité
Le mouvement n'est pas un rejet dogmatique. C'est une revendication simple : je veux choisir d'utiliser ou pas, plutôt que de me voir forcer la main.
"Le déploiement forcé de l'IA sur nos appareils, c'est peut-être la goutte qui fait déborder le vase", dit Cyrus. "On sait depuis longtemps que ces produits et ces entreprises ont trop de pouvoir sur nous. Mais être confronté à ça tous les jours, c'est différent."
Pour Bailey, c'est une question de culture numérique et d'autonomie. Pour les participants, c'est viscéral : arrêtez de m'imposer des trucs.
Pourquoi ça compte
Ce mouvement de bibliothécaires de terrain est un baromètre. Il signale que même les gens qui n'y connaissent rien techniquement commencent à ressentir une perte de contrôle. Les grandes entreprises tech le savent : elles conçoivent les interfaces pour que tu sois presque forcé d'utiliser l'IA. Ce phénomène dit, simplement, que ça suffit.
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Pour toi, l'article révèle que la vraie bataille n'est pas IA oui/non, mais qui décide. Ces ateliers sont un referendum silencieux : les gens votent avec leurs pieds pour du contrôle. Regarde si d'autres domaines (données perso, notifications, cookies) suivent le même pattern de réaction.
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