Intermédiaire·2 min·6 septembre 2026

Pourquoi j'ai changé de licence open source

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Après 28 ans d'open source permissif, un dev passe au copyleft fort pour empêcher les géants d'exploiter gratuitement.
Pourquoi j'ai changé de licence open source

Pourquoi ça compte pour toi

Si tu publies du code, le choix de la licence n'est pas qu'un détail administratif — c'est la règle du jeu entre toi et les grandes entreprises. Passer du MIT (permissif) au copyleft (contraignant) change tout : tu forces les gros à partager leurs améliorations ou à construire leur truc seul. C'est une question de pouvoir, pas de techno.

Ce qu'il faut retenir

  • 1.EUPL-1.2 ferme la « faille SaaS » : même si quelqu'un utilise ton code en service cloud, il doit partager les modifications
  • 2.28 ans d'open source permissif ont surtout enrichi les GAFAM sans bénéfice réel pour les devs indépendants
  • 3.EUPL existe en 23 traductions légales officielles — pensée pour le monde entier, pas juste la Silicon Valley

Tu galères avec le jargon ?

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Trois ères de licences

Henri Bergius, créateur du framework Midgard, raconte son évolution en matière de licences. Il y a 28 ans, c'était simple : LGPLv2 pour un framework web (copyleft faible). Autour de 2011, il bascule au MIT pour ses projets JavaScript — la licence du NPM, « fais ce que tu veux, ne me poursuis pas ».

Cette flexibilité avait un prix invisible : elle a permis à Meta, Google, Amazon de construire des empires sur du code écrit par des devs de garage.

Le tournant : copyleft fort

Cette année, après des années de pause (bateau, vie personnelle), Bergius choisit l'EUPL-1.2 comme licence par défaut. Pourquoi ?

La faille SaaS. Avec MIT, tu peux prendre mon code, le déployer dans un service cloud propriétaire, et ne jamais partager tes modifications. Elles restent chez toi. EUPL change la donne : si tu l'utilises de quelque façon que ce soit (local, SaaS, produit commercial), tu dois redistribuer sous la même licence.

L'honnêteté rétroactive. Bergius reconnaît : « On a perdu le débat. L'open source permissif a juste rendu moins cher de construire pour les milliardaires. » Le copyleft fort, c'est la version 2.0 — on voulait que le code soit libre, pas que les créateurs se fassent exploiter par les géants.

Pourquoi EUPL, pas GPL ?

EUPL est reconnue par l'OSI (validée internationalement comme « libre »), mais elle a un avantage de taille : 23 traductions légales officielles validées par l'UE. Pas d'interprétation flottante. Conçue pour un monde multilingue, pas juste l'anglais des startups.

C'est aussi une licence européenne, donc elle reflète une vision différente : protection du créateur, pas la « liberté » abstraite laissée aux grandes entreprises d'en faire ce qu'elles veulent.

Concrètement, ça change quoi ?

Bergius a migré plusieurs projets : Reticulum (protocole maillé), dacar (système d'autorisation décentralisé), des outils pour bateaux électriques.

Le nouvel environnement de développement NoFlo aussi — mais NoFlo lui-même reste MIT parce qu'il compte déjà de nombreux contributeurs tiers.

Pour toi en tant que créateur : si tu veux que tes améliorations profitent au collectif (pas juste aux géants), copyleft > permissif. C'est un choix politique, pas technique.

Et concrètement pour toi ?

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🔭 Curieux

Pour toi, cette histoire montre que l'open source n'est pas altruiste par nature — c'est un choix de règles. Les géants exploitent le code gratuit depuis 28 ans ; certains devs changent les règles maintenant pour reprendre du contrôle.

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