Pourquoi j'ai changé de licence open source

Pourquoi ça compte pour toi
Si tu publies du code, le choix de la licence n'est pas qu'un détail administratif — c'est la règle du jeu entre toi et les grandes entreprises. Passer du MIT (permissif) au copyleft (contraignant) change tout : tu forces les gros à partager leurs améliorations ou à construire leur truc seul. C'est une question de pouvoir, pas de techno.
Ce qu'il faut retenir
- 1.EUPL-1.2 ferme la « faille SaaS » : même si quelqu'un utilise ton code en service cloud, il doit partager les modifications
- 2.28 ans d'open source permissif ont surtout enrichi les GAFAM sans bénéfice réel pour les devs indépendants
- 3.EUPL existe en 23 traductions légales officielles — pensée pour le monde entier, pas juste la Silicon Valley
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Trois ères de licences
Henri Bergius, créateur du framework Midgard, raconte son évolution en matière de licences. Il y a 28 ans, c'était simple : LGPLv2 pour un framework web (copyleft faible). Autour de 2011, il bascule au MIT pour ses projets JavaScript — la licence du NPM, « fais ce que tu veux, ne me poursuis pas ».
Cette flexibilité avait un prix invisible : elle a permis à Meta, Google, Amazon de construire des empires sur du code écrit par des devs de garage.
Le tournant : copyleft fort
Cette année, après des années de pause (bateau, vie personnelle), Bergius choisit l'EUPL-1.2 comme licence par défaut. Pourquoi ?
La faille SaaS. Avec MIT, tu peux prendre mon code, le déployer dans un service cloud propriétaire, et ne jamais partager tes modifications. Elles restent chez toi. EUPL change la donne : si tu l'utilises de quelque façon que ce soit (local, SaaS, produit commercial), tu dois redistribuer sous la même licence.
L'honnêteté rétroactive. Bergius reconnaît : « On a perdu le débat. L'open source permissif a juste rendu moins cher de construire pour les milliardaires. » Le copyleft fort, c'est la version 2.0 — on voulait que le code soit libre, pas que les créateurs se fassent exploiter par les géants.
Pourquoi EUPL, pas GPL ?
EUPL est reconnue par l'OSI (validée internationalement comme « libre »), mais elle a un avantage de taille : 23 traductions légales officielles validées par l'UE. Pas d'interprétation flottante. Conçue pour un monde multilingue, pas juste l'anglais des startups.
C'est aussi une licence européenne, donc elle reflète une vision différente : protection du créateur, pas la « liberté » abstraite laissée aux grandes entreprises d'en faire ce qu'elles veulent.
Concrètement, ça change quoi ?
Bergius a migré plusieurs projets : Reticulum (protocole maillé), dacar (système d'autorisation décentralisé), des outils pour bateaux électriques.
Le nouvel environnement de développement NoFlo aussi — mais NoFlo lui-même reste MIT parce qu'il compte déjà de nombreux contributeurs tiers.
Pour toi en tant que créateur : si tu veux que tes améliorations profitent au collectif (pas juste aux géants), copyleft > permissif. C'est un choix politique, pas technique.
Et concrètement pour toi ?
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Pour toi, cette histoire montre que l'open source n'est pas altruiste par nature — c'est un choix de règles. Les géants exploitent le code gratuit depuis 28 ans ; certains devs changent les règles maintenant pour reprendre du contrôle.
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