Intermédiaire·3 min·19 août 2026

Flock traque les automobilistes sans mandat : ce qu'on a découvert

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Le géant de la surveillance Flock construit une IA capable d'identifier et suivre les conducteurs à partir de leurs seuls trajets, malgré ses promesses publiques du contraire.
Flock traque les automobilistes sans mandat : ce qu'on a découvert

Pourquoi ça compte pour toi

Flock équipe déjà plus de 6 000 communautés de caméras. Son nouveau système OS Investigate transforme ces données en un outil de traque massive : l'IA peut désormais cibler des gens sans crime, sans plaque d'immatriculation, sans rien d'autre qu'une description physique ou un schéma de déplacement. Si tu dois comprendre comment la surveillance de masse se construit discrètement en Occident, c'est ici.

Ce qu'il faut retenir

  • 1.OS Investigate contient 69 requêtes préenregistrées permettant aux policiers de retracer des individus par leurs seuls mouvements, pas juste des plaques.
  • 2.Une requête exemple : 'Trouve-moi les voitures les plus vues dans [quartier] sur [14 jours]' — zéro crime mentionné, zéro suspect identifié au départ.
  • 3.Le système accède à 45 outils : bases d'immatriculation, dossiers d'arrestation, numéros de Sécu, adresses personnelles, familles et contacts des gens.
  • 4.Flock a longtemps juré que sa technologie 'ne peut pas identifier ou suivre les individus' — ce produit prouve le contraire et existe déjà chez certains services de police.

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Comment fonctionne vraiment OS Investigate

Flock vend depuis des années un produit simple : une caméra photographie une plaque, la convertit en texte, la compare à une liste de véhicules recherchés. Point. Si la plaque n'est pas sur la liste, elle est enregistrée mais ignorée.

OS Investigate inverse complètement ce modèle.

L'officier de police n'a plus besoin de plaque, de nom, ni même de crime à résoudre. Il fournit juste un lieu, une période, et un schéma — « les voitures qui passent entre minuit et 5h du matin », par exemple — et le système lui produit une liste de suspects potentiels avec noms, adresses et familles.

Les exemples concrets qui posent problème

Parmi les 69 requêtes préenregistrées, certaines sont particulièrement révélatrices :

La chasse au schéma : Chercher toutes les voitures qui ont visité trois magasins de détail en trois jours, ou plusieurs banques en une semaine, ou plusieurs stations-essence entre minuit et 5h du matin. Aucun crime ne doit être mentionné. Le filtre du système écarte les bus, les camions de travail — mais pas ta voiture si tu passes faire tes courses aux mêmes endroits.

Le dossier en un clic : Une requête demande au système de lister tous les individus arrêtés plus de deux fois en deux ans pour « n'importe quel délit » (sauf stupéfiants), de les cartographier, et de constituer des dossiers sur les trois « principaux ». Un seul clic : nom, date de naissance, adresses, numéros de téléphone, comptes en ligne.

Les « associés » : Fournis une plaque d'immatriculation et le système trouve jusqu'à 20 autres voitures que celle-ci a « croisées » à proximité (les deux passant devant la même caméra avec moins de deux minutes d'écart, trois fois ou plus). L'algorithme les classe par « niveau de confiance ».

Le mensonge public devient code

Pendant des années, Flock a rassuré les collectivités : sa technologie ne traque pas les gens, elle cherche des plaques. Page après page, promesses solennelles que l'outil n'existait pas pour « surveiller les gens ».

Or, 45 outils différents alimentent OS Investigate. Plaques, bien sûr, mais aussi dossiers d'arrestation, journaux du 911, données commerciales contenant numéros de Sécu, dates de naissance, familles, proches, contacts en ligne.

Noel Pichardo, ancien policier de Pawtucket (Rhode Island) qui a piloté le système, a résumé l'absurdité : « Je ne vois pas comment dire ça autrement, mais c'est complètement fou. Je ne vois pas comment quelqu'un peut nier que Flock suit les gens, point. » Il avait d'ailleurs critiqué Flock publiquement et reçu une suspension de 30 jours.

Jay Stanley, analyste à l'ACLU, y voit un parallèle troublant avec la Chine : « Il y a un écart croissant entre ce qu'on peut faire techniquement et ce qu'on fait réellement. Et très peu de frein entre les deux. »

Pourquoi c'est un tournant

Jusqu'à présent, les caméras Flock restaient (théoriquement) un outil réactif : police cherche une plaque, elle trouve ou ne trouve pas. Basta.

OS Investigate l'inverse en outil prédictif : commence par un quartier et une heure, termine avec des listes de suspects fondées sur des schémas de déplacement. Zéro crime établi. Zéro mandat nécessaire. Juste du machine learning qui dit « ces gens ressemblent à des criminels ».

Flock prétend que le produit est encore en phase de test, que les capacités pourraient changer. Mais il est déjà déployé chez certains services de police, et les 69 requêtes préchargées existent bel et bien.

Et concrètement pour toi ?

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🔭 Curieux

Pour toi, retiens que la surveillance de masse ne débarque pas avec un décret : elle arrive par promesses publiques contradictoires avec des capacités secrètes déjà déployées. 6000 communes aux USA, c'est demain partout. Suis qui débat de ça localement chez toi.

Source

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