29% des fondateurs européens veulent partir aux États-Unis

Pourquoi ça compte pour toi
Si tu bâtis une startup en Europe, tu dois savoir que tu joues sur un terrain asymétrique. Les fondateurs européens notent l'accès au financement à 5,5/10 quand les Américains sont à 7,7/10 — et 29% envisagent sérieusement de partir. Mais la vraie question : c'est inévitable ou on peut inverser la tendance ?
Ce qu'il faut retenir
- 1.29% des fondateurs européens songent à transférer leur siège aux États-Unis pour l'accès au capital
- 2.Les IPO disparaissent des objectifs européens (11% en 2025 → <5% en 2026) ; le M&A américain devient l'horizon
- 3.62% des startups européennes s'appuient sur des infrastructures cloud et IA américaines, mais la souveraineté reste un non-sujet entrepreneurial
- 4.Les talents reviennent timidement d'Amérique en Europe — premier signal positif de l'index
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Le fossé transatlantique s'élargit sur trois fronts
L'édition 2026 du Transatlantic Founder Index d'AVP livre un diagnostic sans détour : les startups européennes ne perdent pas juste sur le capital, elles perdent sur la chaîne entière. Financer, construire, sortir — sur les trois étapes, l'écosystème américain reste dominant.
1. Le financement : l'écart qui persiste
Le chiffre le plus brutal : 29% des fondateurs européens envisagent de déménager aux États-Unis pour améliorer leur accès au capital. Aucun fondateur américain n'envisage l'inverse.
Pourquoi ? Les raisons sont structurelles : marché américain plus homogène, base clients plus accessible, vivier d'investisseurs en croissance plus profond. L'écart de notation se creuse (5,5/10 en Europe vs 7,7/10 aux États-Unis) — et c'est le fossé le plus persistant d'une année sur l'autre.
AVP a lancé un fonds dédié aux entreprises en forte croissance il y a 18 mois pour financer les scale-ups sans les forcer à chercher du capital outre-Atlantique. Mais le vrai enjeu ? Le rythme. Sébastien Loubry, associé chez AVP, parle de « protectionnisme intelligent » — une préférence européenne pour les capitaux de croissance. Bpifrance fait des efforts, mais ils arrivent trop lentement.
2. La sortie : vendue aux Américains
Le changement est radical. En 2025, 11% des fondateurs européens citaient l'IPO comme objectif. En 2026, c'est moins de 5%. Côté américain ? Aucun ne mentionne l'IPO comme priorité.
Résultat : 63% des fondateurs européens visent le M&A comme sortie. Et dans 9 cas sur 10, l'acquéreur crédible vient des États-Unis. Même quand l'Europe réussit à produire des sociétés solides, leur vente se joue outre-Atlantique.
3. Les infrastructures : pragmatisme, pas idéologie
Le point contre-intuitif : moins d'1 fondateur européen sur 4 se préoccupe vraiment de la dépendance aux infrastructures américaines, même si la souveraineté technologique domine le débat politique européen.
Dans les faits, 62% des startups européennes s'appuient principalement sur du cloud ou de l'IA américains. Pourquoi ? Parce que les solutions européennes sont moins matures. Pas par idéologie, par pragmatisme.
Loubry insiste : « Passer à une solution européenne moins mature, c'est un retour en arrière. » L'impulsion ne peut venir que des grands acteurs européens de l'IA, qui doivent devenir crédibles et au niveau des Américains.
Le seul motif d'optimisme : les talents
Une nouvelle encourageante : pour la première fois, l'index observe un retour modeste mais mesurable de profils seniors depuis la Californie vers l'Europe. Visa, incertitude politique, cadre de vie — les raisons varient.
Doctolib a recruté début 2026 deux cadres français de Californie pour les rapatrier en France. L'écart de notation sur la qualité des talents se réduit (0,8 point seulement, vs 2,2 pour le capital). C'est le facteur qui évolue le plus vite.
Mais cet élément positif ne suffit pas. L'écosystème européen gagne en maturité sur l'IA et la discipline financière, mais reste dépendant des États-Unis sur les trois maillons clés : financer, construire, vendre.
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Pour toi, le signal clé c'est que les talents reviennent timidement d'Amérique. Ça signifie qu'une contre-tendance se dessine : meilleure qualité de vie, écosystème en maturation. Europe perd en capital mais gagne en attractivité humaine. À suivre sur 2-3 ans.
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