La France lance sa gigafactory d'IA : 10 milliards pour rattraper les US

Pourquoi ça compte pour toi
La France risque de rester spectatrice comme elle l'a été pour le cloud. Ce consortium AION représente une tentative rare d'unifier les forces nationales pour rivaliser avec les hyperscalers américains (AWS, Google, Microsoft). Si tu travailles dans la tech française ou que tu dépends des infrastructures cloud européennes, ce projet touche directement ta souveraineté numérique et tes coûts futurs.
Ce qu'il faut retenir
- 1.Consortium de 28 entreprises (Iliad, Orange, EDF, Hugging Face, Kyutai, Quandela) pour 10 milliards d'euros, dont 4 milliards d'Iliad
- 2.Première tranche : 100 mégawatts ; objectif final : 1 gigawatt réparti sur plusieurs sites français
- 3.Candidature pour le programme européen des gigafactories d'IA (76 appels d'intérêt reçus, 16 pays en lice)
- 4.Les États-Unis contrôlent 80% de la puissance de calcul mondiale ; Softbank/Microsoft/Nvidia préparent Stargate (500 milliards)
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Pourquoi cette fois c'est différent (peut-être)
La France a déjà raté le cloud. AWS, Google Cloud et Azure ont écrasé le marché, laissant Scaleway et OVHcloud avec des miettes. Thomas Reynaud, patron d'Iliad, en est conscient : « On ne doit pas répéter les erreurs du cloud. » D'où le consortium AION — une tentative rare d'unifier des concurrents potentiels autour d'une infrastructure critique.
Le projet couvre toute la chaîne : supercalculateurs (Bull), microprocesseurs (VSora veut copier Nvidia), centres de données (Scaleway), modèles d'IA (Hugging Face, Kyutai), énergie décarbonée (EDF). C'est plus ambitieux que les initiatives précédentes, mais ça reste à l'état de lettre d'intention.
Les vrais enjeux
L'argent d'abord. 10 milliards, c'est sérieux, mais comparé aux 500 milliards de Softbank/Microsoft/Nvidia (Stargate) ou aux 55 milliards d'Elon Musk (Terafab), c'est une goutte. Iliad espère « plusieurs centaines de millions d'euros de commandes publiques » de Bruxelles et de Paris. Traduction : sans subventions publiques massives, c'est mort.
L'électricité. L'atout français, c'est l'énergie décarbonée abondante et bon marché (nucléaire, hydroélectricité). Les centres de données IA sont des gouffres énergétiques. Avoir du vert à bas prix est un avantage réel mais insuffisant.
Le timing. La Commission européenne doit lancer un appel d'offres. Bruxelles choisira probablement 2-3 gigafactories max sur les 76 candidatures reçues. La France a ses cartes en main (énergie, écosystème tech, bassin de talents), mais l'Allemagne et la Suède sont aussi bien positionnées. Mistral AI, l'autre licorne française, envisage déjà la Suède (1,2 milliard investis là-bas).
Et si ça se concrétise ?
Une gigafactory en France changerait les règles : infrastructure de confiance (pas de lois extraterritoriales américaines), approche open-source (pour la recherche), alternative crédible aux clouds US. Mais Reynaud lui-même avoue que l'Europe n'aura pas 27 gigafactories pour 27 pays. C'est winner-takes-most.
Le vrai test : Bruxelles accepte-t-elle de financer massivement ? Ou laisse-t-elle la domination américaine s'ancrer davantage ?
Et concrètement pour toi ?
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Pour toi, ce projet montre que la France joue enfin des coudes pour ne pas devenir juste un consommateur d'IA américaine. Regarde comment les 28 entreprises vont partager 10 milliards : c'est un test grandeur nature de ce qu'est la souveraineté numérique en 2025.
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