Intermédiaire·3 min·31 août 2026

French Tech à la croisée des chemins : l'après-Macron inquiète

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82 % des entrepreneurs français pessimistes pour 2027 : l'écosystème tech perd son parrain politique.
French Tech à la croisée des chemins : l'après-Macron inquiète

Pourquoi ça compte pour toi

Si tu construis une startup en France ou investis dans la French Tech, le changement politique qui arrive risque de te concerner directement. Les aides à l'innovation vont probablement diminuer, la fiscalité augmenter, et la bureaucratie s'alourdir. Bref, l'époque dorée des 10 ans passés est terminée — il va falloir apprendre à voler de ses propres ailes.

Ce qu'il faut retenir

  • 1.82 % des entrepreneurs français pessimistes sur la politique économique du prochain président
  • 2.Principales craintes : hausse fiscale (85 %), bureaucratie (63 %), fiscalité personnelle (62 %)
  • 3.Station F : les fondateurs redoutent bien plus l'extrême-droite (47 %) que l'extrême-gauche (24 %)
  • 4.La French Tech a mûri : 18 000 startups, 450 000 emplois directs — assez solide pour voler de ses propres ailes
  • 5.Piste concrète : favoriser la commande publique et privée au profit des startups françaises, plutôt qu'acheter américain ou chinois

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Dix ans de lune de miel politique en train de s'éteindre

En 2015, Emmanuel Macron revient d'Israël fasciné par la Startup Nation. Il se promet d'en faire autant en France. Dix ans plus tard, c'est fait : la French Tech a changé de dimension. Mais voilà, le candidat qui a porté ce projet n'est plus au pouvoir après mai 2027, et aucun successeur probable n'a le même intérêt pour l'écosystème tech.

Le chiffre à retenir : 82 % des entrepreneurs sont pessimistes sur la politique économique du prochain président. Ça dépasse le simple blues de la rentrée.

Les vraies peurs des entrepreneurs

Trois menaces dominent :

  1. La fiscalité (85 % des craintes) : hausse des impôts sur les entreprises et leurs revenus
  2. La bureaucratie (63 %) : plus de formalités, moins de flexibilité
  3. L'austérité budgétaire : les aides à l'innovation vont s'éroder pour rembourser la dette

Pour comparaison, seuls 18 % craignent une réforme du temps de travail et 16 % une hausse des salaires. L'entrepreneuriat français transpire la fiscalité, pas la gestion des effectifs.

À Station F (le campus de 1 000 startups), la crainte la plus vive ? Une victoire de l'extrême-droite (47 % des préoccupations). Le centre-droit « à la Macron » ? Presque rien (3 %). Le message est clair : les fondateurs redoutent un changement radical d'orientation.

Bonne nouvelle : tu n'as plus besoin du gouvernement

Mais il y a une forme de résilience ici. Après avoir traversé le Covid et la crise de financement 2022-2023, la French Tech est devenue adulte. 18 000 startups, 450 000 emplois directs — ce n'est plus un écosystème fragile qui vit de subventions.

Doctolib, Back Market, Swile, PayFit, Withings : les champions locaux sont devenus rentables. Plus besoin de brûler du cash en croissance exponentielle. La priorité a basculé vers la rentabilité réelle.

Une piste concrète : l'achat local

Frédéric Mazzella (Blablacar) l'a dit à la conférence du Medef : « Les Américains achètent américain, les Chinois achètent chinois, et les Européens achètent américain et chinois. »

C'est absurde, c'est inefficace, et c'est changeable. Si le gouvernement de 2027 instaurait une vraie préférence pour les startups françaises dans les commandes publiques et les appels d'offres privés, ça changerait tout sans coûter un euro en subventions.

Le dernier conseil de Macron

En juin dernier, en guise d'adieux à la French Tech lors de VivaTech, Macron a dit : « Ne lâchez rien sur ce qu'on a acquis durant ces 10 ans. Le monde accélère, alors accélérez plus vite ! »

Traduction : vous avez les bases maintenant, débrouillez-vous seuls. C'est un conseil honnête.

Et concrètement pour toi ?

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🔭 Curieux

Pour toi, la vraie histoire n'est pas le pessimisme des fondateurs mais la maturité du truc. 18 000 startups et 450 000 emplois, c'est trop gros pour crever. Regarde plutôt quels secteurs tirent profit de la hausse fiscale ou de la bureaucratie — assurance, conseil, compliance — la tech y gagne toujours.

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