Intermédiaire·4 min·1 mai 2026

Shivon Zilis, l'intermédiaire secrète entre Musk et OpenAI

Au cœur du procès Musk v. Altman : une femme qui jouait sur les deux tableaux, avec quatre enfants et des SMS compromettants.
Shivon Zilis, l'intermédiaire secrète entre Musk et OpenAI

Pourquoi ça compte pour toi

Ce procès révèle comment les conflits d'intérêts non déclarés peuvent paralyser une organisation, même (surtout) quand il s'agit d'IA. Pour toi qui bâtis une startup ou une équipe : comprendre le rôle de Zilis, c'est comprendre pourquoi la transparence sur les relations et les loyautés n'est pas un détail juridique, c'est un fondamental. Et c'est aussi un cas d'école sur la façon d'utiliser les gens comme canaux d'information—une pratique qu'on retrouve partout en tech.

Ce qu'il faut retenir

  • 1.Zilis a servi de liaison cachée entre Musk et OpenAI pendant des années, même après son départ du conseil en 2018, partageant informations et conseils stratégiques via SMS et emails
  • 2.Musk lui demandait explicitement de rester « proche et amicale » pour maintenir le flux d'informations, tout en recrutant activement ses talents chez Tesla et Neuralink
  • 3.Elle conseillait aussi Altman sur la façon de réagir aux colères de Musk, notamment après l'annonce du financement Microsoft à 20 milliards—un double jeu total
  • 4.La juge a soulevé l'ironie : Musk reproche à OpenAI d'avoir dérivé vers le lucratif, mais crée lui-même xAI sous forme de société à but lucratif

Le double jeu de Shivon Zilis

Au cours de la première semaine du procès Musk v. Altman, Shivon Zilis a émergé comme la figure centrale que personne ne connaissait vraiment. Mère de quatre enfants de Musk, elle a rejoint OpenAI en 2016 comme conseillère, puis a siégé au conseil d'administration de l'association à but non lucratif de 2020 à 2023. Entre-temps, elle a aussi bossé chez Neuralink et Tesla.

Mais son vrai pouvoir ? Être le canal de communication entre Musk et les dirigeants d'OpenAI, bien après qu'il quitte le conseil en février 2018.

Les SMS qui disent tout

Le 16 février 2018, quelques jours avant l'annonce officielle du départ de Musk, Zilis envoie un message : « Tu préfères que je reste proche et amicale pour garder les infos qui circulent, ou que je m'éloigne ? Le jeu de confiance devient compliqué, donc j'aimerais des conseils. »

Musk répond sans détour : « Reste proche, mais on va activement recruter trois ou quatre personnes d'OpenAI vers Tesla. D'autres suivront, mais sans recrutement forcé. »

Traduction : reste ma personne de confiance, mais aide-moi à drainer leurs talents.

En avril 2018, elle le tient à jour sur les levées de fonds d'OpenAI et lui propose de réallouer plus de temps si c'est ce qu'il veut. En été 2017, elle avait déjà servi d'intermédiaire lors des négociations sur la structure de l'organisation—Musk voulait le contrôle, Brockman et Sutskever s'y opposaient, et Zilis était au cœur des discussions.

Un double jeu orchestré

Et ce n'était pas qu'une relation unilatérale. Zilis conseillait aussi Altman. Quand Musk explose en octobre 2022 en apprenant le financement Microsoft à 20 milliards, Altman lui envoie une capture d'écran de son SMS furieux et demande à Zilis comment réagir. Son conseil : « Ne réponds pas tout de suite. »

En février 2023, après que Musk achète Twitter, Altman lui demande si c'est une bonne idée de publier quelque chose de bienveillant à son sujet. Quelques jours plus tard, Altman poste : « La société sous-estime combien elle doit à Elon pour avoir relevé le niveau d'ambition collective. »

Zilis, 40 ans, ancienne joueuse de hockey à Yale, avait fait ses armes chez IBM et Bloomberg Beta avant tout ça. Nommée au Forbes « 30 Under 30 » en 2015. Pas mal pour quelqu'un qui restait invisible en dehors de la Silicon Valley.

Le problème de timing de Musk

Musk jure qu'il ne voulait que savoir ce qui se passait. À la barre, il insiste : Zilis ne lui a jamais partagé d'information sensible qu'elle n'était pas autorisée à divulguer.

Mais voici le hic. La juge Yvonne Gonzalez Rogers a pointé quelque chose d'ironique : Musk se plaint qu'OpenAI a dévié de sa mission d'intérêt général pour devenir une société à but lucratif. Sauf qu'en 2023—l'année où ses inquiétudes « éclatent »—il fonde xAI... en société à but lucratif. Et il reconnaît en audience que oui, une telle structure pose des risques en matière de sécurité. La juge n'a pas caché son scepticisme : « C'est ironique que votre client, malgré ces risques, crée exactement la même chose. » Elle a aussi mentionné que beaucoup de gens ne voudraient pas « confier le futur de l'humanité aux mains de M. Musk ».

Musk n'a imposé aucune condition légale quand il a donné 38 millions. Il a attendu des années avant de poursuivre, malgré des inquiétudes exprimées bien plus tôt.

Pour gagner, Musk doit convaincre le jury et la juge que son recours est arrivé à temps, et que ses dons créaient une promesse légale qu'OpenAI a trahie. C'est pas gagné.

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